S’épanouir pour les filles : un leurre ?

Reprenons l’idée générale du deuxième objectif de la Campagne « Aux Filles, l’Égalité ». Les filles et les garçons doivent avoir le même accès aux espaces publics. Aussi bien sur les réseaux sociaux qu’à l’école, elles ne doivent pas avoir peur de prendre la parole. À aucun de ces endroits, elles ne doivent faire l’objet de violences ni de harcèlements. Cependant, cela est-il réellement le cas lorsque nous observons la société au sein de laquelle nous évoluons ? Absolument pas.

Le cas des violences dans les espaces publics

Les filles ont peur de sortir dans la rue. Que ce soit dans les pays développés ou dans les pays moins développés, elles ne se sentent toujours pas en sécurité lorsqu’elles traversent une ruelle seules. Elles ne sont pas très sûres de revenir comme elles sont parties chaque fois qu’elles se rendent dans les toilettes publiques, sur leur lieu de travail ou même à l’école. Elles redoutent les attouchements et les remarques d’ordre sexuel, elles redoutent les viols. Ceci réduit leur liberté de mouvement, affecte leur bien-être et les empêche de participer librement à des activités récréatives par exemple.

Le cas des violences sur les réseaux sociaux

Le cyberharcèlement est né avec Internet. Il s’agit d’un acte intentionnel et agressif posé par un groupe d’individus ou un individu. Ceux-ci se servent en effet des canaux de communication pour insulter, se moquer et propager des rumeurs. Un clic suffit pour inoculer le venin à la victime et la détruire moralement. Les filles sont les plus exposées, particulièrement celles qui ont entre 18 et 24 ans. D’ailleurs, il a déjà été indiqué par un rapport de la Commission des Nations-Unies en 2015 que 73 % d’entre elles y ont déjà été confrontées.

Le cas du harcèlement sexuel

La loi n°2006-19 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en République du Bénin définit le harcèlement sexuel comme « le fait pour quelqu’un de donner des ordres, d’user de paroles, de gestes, d’écrits, de messages et ce, de façon répétée, de proférer des menaces, d’imposer des contraintes, d’exercer des pressions ou d’utiliser tout autre moyen aux fins d’obtenir d’une personne en situation de vulnérabilité ou de subordination, des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers contre la volonté de la personne harcelée ».

Il pourrait figurer parmi les cas de violences dans les espaces publics, mais le phénomène est si vicieux et si pernicieux qu’il mérite un traitement très particulier. Le harcèlement sexuel s’est malheureusement fait une place au soleil, une place toute dorée dans nos lieux de travail. En cause, l’absence d’un profil-type du harceleur et l’impunité dont fait l’objet le phénomène. Il crée un environnement de travail hostile et dégradant pour la victime. Elle se sent coupable, se demandant en quoi elle a été fautive, alors qu’elle n’en est souvent pour rien.

Cette dernière peut ne plus avoir du tout d’estime de soi, perdre confiance en elle-même et avoir l’impression d’être un objet. Elle peut alors en arriver à développer des troubles anxieux et des conséquences physiques comme un dysfonctionnement hormonal ou des troubles de l’appétit. Le harcèlement sexuel est aussi confronté au silence des victimes qui préfèrent ne pas exposer leur bourreau. Par peur de représailles ou de perdre leur emploi, elles choisissent de subir et de donner ainsi la liberté au harceleur de continuer sa sale besogne avec d’autres jeunes filles.

La société dans laquelle nous vivons en est également pour quelque chose. Non contente de ne pas apporter son soutien aux victimes, elle les enfonce et rejette le tort sur elles. Elle suppose qu’elles ont eu un habillement provocateur ou que par des gestes, elles en sont arrivées à « réveiller des choses ». Ce fut le cas il y a un peu plus d’un mois avec la journaliste de l’Office de Radio et de Télévision du Bénin, Madame Angela KPEIDJA. Elle a eu le courage de crier son ras-le-bol, et s’en sont suivies des humiliations et des injures sur les réseaux sociaux.

Quelles sont les solutions qui s’imposent ?

Les filles ne devraient pas avoir peur de circuler librement.

Dans le cas des violences dans les espaces publics, il urge de passer des messages de sensibilisation et de créer des espaces sécurisés pour ces dernières. Sur les réseaux sociaux, le cyberharcèlement pourrait être également contenu par la sensibilisation et des mesures de prévention puis de protection. Un cadre juridique bien défini devrait aussi être établi afin de punir les contrevenants. Enfin, par rapport au harcèlement, les centres d’écoute devraient veiller à ce que les dénonciations soient faites, les victimes suivies, les bourreaux punis.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s